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Annick Maffre : Elaboration d'un mémoire professionnel

Annick Maffre est professeur-documentaliste. Elle assure la coordination du DU. Ses travaux de recherche portent sur l’écriture professionnelle.

 

Qu’est-ce qu’un mémoire professionnel ?

C’est un des outils qui aident un animateur d’atelier d’écriture à devenir un bon professionnel.

Qu’est-ce qu’un bon professionnel ?

Regardons un bon maçon : c’est quelqu’un qui agit en fonction du but qu’il vise, qui comprend ce qu’il fait et ne le fait pas par hasard: il choisit ses outils et ses procédés, selon ce qu’il veut obtenir et le terrain sur lequel il travaille. Un bon maçon imagine le résultat final, il prévoit comment les matériaux qu’il utilise vont réagir, et s’il obtient un résultat imprévu, il est capable de l’analyser, de le corriger éventuellement et de le reproduire (ou de l’éviter !) ultérieurement s’il retrouve les mêmes conditions. Un bon maçon agit différemment si sa construction repose sur de l’argile ou sur du rocher, il n’utilise pas les mêmes matériaux ni les mêmes méthodes s’il construit un hangar ou une cathédrale. Dans tous les cas il est capable de justifier ses choix et ses décisions.

De même, un bon animateur d’atelier d’écriture, c’est quelqu’un qui agit en fonction du but qu’il vise, qui comprend ce qu’il fait et ne le fait pas par hasard: il choisit ses outils et ses modalités d’intervention, selon ce qu’il veut obtenir et l’environnement dans lequel il travaille. Un animateur d’atelier d’écriture compétent imagine le résultat final, il prévoit comment les consignes qu’il propose vont faire réagir les participants, et s’il obtient un résultat imprévu, il est capable de l’analyser, de le corriger éventuellement et de le reproduire (ou de l’éviter !) ultérieurement. Un bon animateur agit différemment si les participants veulent apprendre à mieux écrire ou s’ils fréquentent l’atelier d’écriture pour passer un bon moment convivial. Dans tous les cas, il est capable lui aussi de justifier ses choix et ses décisions.

Cependant, les constructions du maçon qui lui permettent de montrer ses compétences sont visibles par tous, alors que seuls les participants à son atelier peuvent témoigner des compétences d’un animateur d’écriture. S’il veut les faire reconnaître au-delà de ce cercle restreint, il doit utiliser d’autres moyens. Le mémoire professionnel en est un.

Mais ce n’est pas le seul intérêt de cet écrit qui constitue aussi un outil d’analyse et de réflexion, et donc un moyen de formation.

Pour comprendre cela, il est impératif de distinguer le produit (l’écrit) et le processus (l’écriture). Ce n’est pas le mémoire professionnel en tant que produit qui fait d’un animateur un bon professionnel: le produit fini c’est une photographie prise à un instant donné, la synthèse de ce qu’on a compris, en général en fin de formation, à propos de telle ou telle question. C’est l’équivalent de la construction réalisée par le maçon. Ce qui est formateur, c’est le processus d’écriture, l’analyse qu’on fait de son activité, et si on utilise l’écrit c’est parce que c’est pour soi un moyen privilégié de réflexion, parce que cela oblige à prendre de la distance avec sa pratique et à expliciter sa pensée, sa démarche. C’est aussi parce que cela est demandé par l’Université qui ne délivre de diplômes qu’à des gens capables de produire des écrits répondant à certains critères…

Le mémoire professionnel en tant que produit fournit la preuve de ses capacités à réfléchir sur son expérience et à communiquer cette réflexion à d’autres. Pour l’élaborer, l’animateur d’atelier d’écriture utilise ce qu’il apprend ailleurs: dans les séances de formation du D.U., dans sa pratique d’animateur sur le terrain, par ses lectures, à l’occasion de discussions , dans des groupes de réflexion…

 

Ce qui est demandé

Ecrire un mémoire professionnel ce n’est pas appliquer des recettes, ni même expliquer ce qu’on sait, c’est chercher des solutions personnelles à un problème rencontré sur son lieu de travail, tâcher de comprendre tel ou tel phénomène que l’on a observé dans l’atelier que l’on est train d’animer, en un mot c’est se poser des questions dont on n’a pas (encore) la réponse pour, en fin de compte, progresser.

L’écrit produit dans le D.U. doit donc montrer que l’auteur est passé par un certain nombre d’étapes qui font de lui un meilleur professionnel que celui qu’il était en entrant en formation. C’est un texte structuré autour d’un questionnement. Ce n’est pas un compte rendu d’activité mais une véritable réflexion menée à partir d’un problème choisi, dans lequel l’auteur va :

Affirmer ses valeurs

Pourquoi vouloir écrire et surtout faire écrire ? Il est important de dire à quoi l’on tient, d’être au clair avec ce qui fonde son désir d’être animateur d’atelier d’écriture, et comment l’articuler avec les hasards et les nécessités de sa vie personnelle et professionnelle.

Formuler ses objectifs

S’interroger sur ce que l’on vise et sur les moyens que l’on choisira pour atteindre son but, permet d’effectuer ensuite des choix conscients plutôt que de se laisser mener par les évènements: à quoi veut-on arriver en tant qu’animateur? Quel est son projet d’écriture ? Quelle est la couleur que l’on veut donner à son atelier? Quel est son environnement? Quels sont les objectifs de l’institution qui l’accueille? Et les participants, que veulent-ils ? Va-ton choisir de répondre à leurs attentes ou plutôt de suivre sa propre voie? 

Observer, décrire et questionner l’atelier

Un mémoire professionnel doit témoigner de l’expérience singulière d’une personne. Si celle-ci veut traiter de l’illettrisme, elle ne va pas chercher à faire le tour du sujet, ni proposer une analyse globale, mais elle va témoigner de son travail d’animateur d’atelier d’écriture qui s’est donné comme but d’apporter sa contribution à la lutte contre l’illettrisme. 

Le mémoire professionnel s’articule autour d’un problème, au sens premier du terme, selon le Robert: "Question à résoudre, point obscur que l’on se propose d’éclaircir, qui prête à discussion, dans un domaine quelconque de la connaissance." Ce problème peut-être un échec à comprendre, une réussite à expliquer, une difficulté à résoudre, une démarche à expliciter, etc.

La description de l’atelier et l’analyse du problème choisi vont aider à trouver des réponses. Elles font comprendre ce qui se passe, font émerger du sens qui n’apparaissait pas au premier regard.

 

Situer son expérience par rapport à d’autres

La mise en évidence de sa pratique professionnelle doit être située par rapport à des courants théoriques (littéraires, pédagogiques, sociologiques, etc.), et par rapport à des expériences similaires relatées et analysées par d’autres avant soi.En mettant en correspondance des théories exprimées par des chercheurs, ses propres actions et celles d’animateurs d’atelier ayant réfléchi à leur action, on construit des savoirs sur son métier et on apprend à mieux se connaître en situation professionnelle.

La production d’un mémoire professionnel induit donc une mise en recherche, et c’est en atelier, c’est à dire au sein d’un groupe réuni avec un objectif commun que l’élan est donné. C’est en atelier que peuvent être surmontées les réticences qui se font jour face à ce type d’écrit souvent nouveau.

Celle par exemple créée par la représentation du mémoire professionnel comme d’une Œuvre (chef d’œuvre), d’un écrit monumental et extérieur à soi qu’on ne sait pas par quel bout prendre.

Ou bien celle qui vient de ce que l’écriture est perçue comme reflet de la pensée. L’écriture n’apporterait rien d’autre qu’on ne sache déjà: "il ne me sert à rien d’écrire sur mon expérience: je la connais bien puisque c’est moi qui la vis!" Ce qui induit directement : "je n’ai rien à écrire puisque je n’ai pas encore les réponses aux questions que je me pose."

Au contraire, il faut admettre que l’écriture, justement, n’est qu’en de rares moments le reflet de la pensée: on ne recopie pas purement sur le papier ce qu’on a dans la tête, mais au contraire, ce qu’on a dans la tête se modifie au fur et à mesure que l’on écrit, se relit, se corrige, se fait lire, réécrit…(sans parler bien sûr de tous les apports extérieurs: lectures, rencontres et discussions, travail sur le terrain, …) C’est dans ce sens que l’écriture professionnelle est un bon moyen de construire des savoirs, d’améliorer ses compétences, de trouver des réponses à ses interrogations, et donc de se former.

Ou encore la réticence à se plier à un cadre, à ne pas pouvoir s’exprimer aussi librement qu’on le voudrait, sans voir que c’est probablement ce cadre-là qui oblige à aller plus loin et qui empêche de se contenter d’écrire ce qu’on sait déjà.

Lorsque ces réticences sont vaincues, dès que le mémoire professionnel est en route on comprend que l’enjeu dépasse celui du diplôme: on sent bien qu’il s’agit de parler de soi, de son travail, d’écrire pour réfléchir, de faire des découvertes, de mettre à jour des éléments insoupçonnés, de comprendre ce qui se passe quand on anime un atelier d’écriture.

Certains prennent alors conscience que l’écriture de la pratique permet de faire connaître son expérience et de se faire reconnaître en tant que professionnel. Et il arrive aussi que la réflexion menée à l’occasion de ce travail prescrit fasse comprendre ce qui ne marche pas dans un atelier et que le mémoire terminé devienne le moyen de faire profiter de cette expérience d’autres animateurs appelés à travailler dans les mêmes conditions.

Ainsi, lorsque l’animateur d’atelier d’écriture a réussi à s’approprier la commande passée par l’institution, le pari est gagné: le mémoire professionnel participe pleinement à la construction de ses compétences. Mais souvent, en tant que produit fini, il est en sus la preuve d’une identité professionnelle confirmée, comme peut l’être le "chef d’œuvre" du compagnon maçon.

 

à lire : MAFFRE, Annick. Réussir son mémoire professionnel, 3ème édition, Lyon, Chronique Sociale, 2007.

 

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