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  Calendrier de l'année universitaire 2018-2019

Corine Robet: Atelier d’écriture didactique

Corine Robet est professeur agrégée de lettres modernes. Elle travaille en lycée et en licence de lettres modernes à l'Université d'Aix-Marseille. Son travail de recherche porte sur l'écriture créative à l'université.

 

Ecrire. Faire écrire.

C’est dans cet ordre que vous avez la plupart du temps vécu les choses : vous avez écrit en atelier, vous avez aimé écrire et voilà que vous vous risquez à votre tour à faire écrire. Si la formation est bien axée sur l’animation, il a semblé, dès le départ, qu’il était essentiel d’y proposer aux futurs animateurs des plages où ils pourraient continuer à écrire. Je pense pour ma part qu’une des premières déontologies de l’animateur d’atelier est certainement d’être lui-même entré en écriture et de toujours savoir se ménager des pauses pour travailler des textes, avoir des chantiers et des retours, se heurter à la réécriture.

Il vous est donc proposé de poursuivre un chemin d’écriture personnelle, de le pousser un peu plus loin, d’oser partager aux autres votre univers, et ce faisant, de travailler sur les fondamentaux de l’atelier. Ce qui se passe dans l’atelier didactique devient une sorte de paradigme de l’atelier que vous mènerez, en dehors.

Ecrire. Faire écrire.

Une double tension qui habite tout animateur. De cette tension débouchent des questions qui viennent plus ou moins rapidement dans l’année de formation. Elles ont une acuité différente suivant les stagiaires et les promotions, mais au final chaque stagiaire se les pose et doit y répondre pour lui-même. Je les appelle les « invariants » : quelle légitimité a-t-on à faire écrire ? Comment fabrique-t-on une consigne ? Comment articule-t-on plusieurs séances ? Quoi dire sur un texte qui vient d’être lu ? Que faire des premiers jets ? Quand aborder la question de la réécriture ou de la socialisation des textes ?

C’est donc autour de ces questions, ces invariants, que tourne l’atelier didactique. La particularité de ce module réside dans le fait que « c’est en faisant que l’on trouve ». La conceptualisation des tenants et aboutissants de ces invariants de l’atelier seront abordés par votre écriture personnelle et par l’imaginaire du groupe qui se met en place au cours de l’année. Les questions abstraites trouvent plus d’écho dès lors qu’on arrive à les incarner par des métaphores et des images, par des expériences personnelles, nées de l’écriture. C’est donc par l’écriture, la lecture et le partage que nous mettrons des mots sur la « fabrique » de l’atelier.

Il s’agit donc, dans ce module, d’écrire pour soi et de conceptualiser. Une quinzaine de séances, réparties au cours de l’année, permettent d’aborder plusieurs champs : de la typologie des consignes aux techniques littéraires puis aux invariants de l’atelier d’écriture.

Les familles de consignes : Animer un atelier ce n’est pas appliquer des recettes de cuisine que l’on viendrait glaner ici ou là. C’est entrer dans son propre labyrinthe, d’écriture et de lecture, pour ensuite permettre à d’autres d’inventer le leur. Vous verrez que l’on peut cependant dégager sept grandes familles de consignes. Cette conceptualisation permettra de mieux comprendre d’où viennent ces ouvroirs à l’imaginaire que vous utilisez quand vous êtes en animation. Nous les aborderons d’une façon ou d’une autre au cours de l’année :

 

Ecriture et mémoire : les souvenirs, la mémoire, le vécu de chacun, dans la mesure où ils sont le soubassement de l’imaginaire, sont toujours présents dans l’écriture. On peut les écrire ou les faire écrire sous forme clairement autobiographique ou on peut les utiliser comme point de départ d’un récit, d’une aventure. On en fera des gammes jusqu’à l’autofiction et le passage à la fiction pure dans laquelle on insère des pans ou des détails de l’écriture autobiographique. Il s’agit là d’un des grands viviers de la création contemporaine. Nous regarderons aussi les biographies et les récits de vie, où s’entremêlent là encore le vrai et le faux. Nous nous poserons enfin la question des limites que chaque animateur donne à ce pan de l’écriture.

Les inventaires : vaste domaine très créatif en termes de consignes possibles et de démarrage les inventaires nous permettront de travailler une forme : la répétition et la variation.

L’utilisation de la Bibliothèque : tous les textes existants ceux que nous avons lus et ceux que nous lirons sont à notre disposition. C’est ce domaine que nous pillons quotidiennement. Nous inventerons des moyens raffinés de pillage et d’agencement de nos cueillettes. Nous mesurerons leur importance en tant qu’inducteurs. Nous verrons comment « écrire à la manière de », en allant du pastiche à la phrase ou au mot qui sert de déclencheur.

Le poétique : s’interroger sur les rapports entre le geste d’écrire et les rythmes, les sonorités, les images et les figures de style, c’est aller vers des consignes exigeantes et précises. Comment les proposer en atelier ? Dans quels buts ? Les liens avec la chanson sont d’autres pistes.

Les jeux avec le langage : sont-ils aussi innocents qu’on veut bien le dire ? Lacan ne le pensait pas, nous non plus. Nous en pratiquerons un certain nombre pour découvrir les enjeux qui se cachent derrière les techniques de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) chères à Queneau .

L’écriture collective, nous la pratiquerons et nous verrons comment l’utiliser, du rengha au travail commun de recherche de matériaux sonores et sémantiques.

La nouvelle : en tant que genre elle est facile à utiliser parce que brève, pourtant elle suppose un travail de concaténation : dire peu et en dire long !

 

Et puis il y a aussi l’écriture pour la jeunesse, le théâtre et la mise en voix des textes, le rapport avec les autres arts qui seront abordés dans le module de Laure-Anne Fillias et dans le cadre des ateliers expérimentaux animés par Stéphane Nowak.

Trois interrogations sur la fabrique de l’atelier

A) La consigne

Qu’est-ce qu’une bonne consigne, comment la fabrique-t-on, comment se laisse-t-on habiter par elle, et puis comment la présente-t-on au groupe, dans ce temps qui précède le temps de l’écriture. Nous appelons ce moment, au DU d’Aix, le prétexte (Formule de Noëlle Mathis, promotion 2006, « Les mots voyageurs »). L’animateur est en création lorsqu’il se met à rêver à son atelier et que tout ce qu’il lit, vit, entend, le renvoie à cette image mentale qu’il en train de construire. Il entre dans son propre labyrinthe d’écriture et de lecture, pour ensuite permettre à d’autres d’entrer en création à leur tour. Dans le labyrinthe de Crète, il y a des entrées multiples, des cheminements différents, il y a au centre le Minotaure et des dangers bien réels. Comment l’animateur va-t-il faire pour que la consigne ne soit pas bridante, une sorte d’exercice auquel une réponse et une seule est attendue ? Comment présenter des entrées multiples et des cheminements individuels possibles, à travers des thèmes et des formes ? Mais comment faire pour ne pas perdre non plus les gens et leur permettre de trouver leur liberté malgré la contrainte ? Comment contenir le groupe et les émotions ? Quels sont les fils d’Ariane que l’on peut tirer ? Cette métaphore du labyrinthe sera un creuset, à la fois d’écriture et d’élaboration.

B) Les retours

Très rapidement vous vous poserez la question des retours, de ce moment particulier qui suit les lectures faites par vos écrivants, moment qu’il faut habiter, de la meilleure façon possible. Mais c’est aussi pour votre écriture personnelle que cette année de formation sera l’occasion de recevoir des avis de lecteurs, ceux du groupe et des formateurs. Ces retours seront le creuset du retravail de vos textes et de l’ouverture des véritables chantiers d’écritures personnelles. Là aussi, des métaphores, celles du don et contre-don, du miroir et du ricochet, permettront le passage à la théorisation.

C) Le retravail du texte

Enfin nous irons du côté de la réécriture : que fait-on des premiers jets d’ateliers ? Comment reprendre un texte ? Sur quels critères ? Comment préparer des consignes qui incluent un temps de réécriture ? Nous verrons ceci pour notre groupe : la socialisation des écrits d’atelier et de la publication des textes. Au final chacun sera renvoyé à ses chantiers d’écriture et à la mise en mots de sa création. Il vous faudra répondre au « d’où ça vous vient ? », l’écriture et l’animation, à partir de la métaphore de la mine de Michel Butor1.

1Michel Butor, Répertoire V, « D’où ça vous vient ».

 

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